Actualités

10 novembre 2019

Avant la prochaine Homélie – Un dossier de La Croix à lire d’urgence !

Il faut lire ce dossier d’abord pour s’informer des réactions des catholiques sur les effets des révélations, et ensuite pour ouvrir un débat pour endiguer l’incendie.

Avant l’été, le journal La Croix avait lancé une enquête intitulée « Réparer l’Eglise ». Elle a reçu plus de 5 000 réponses. Une première synthèse intitulée « Verbatim », a été publiée dans son édition du 4 novembre avec 3 annexes (la tentation du protestantisme, le célibat des prêtres et le rôle des femmes dans l’Eglise). Elle confirme que nombre de laïcs sont déstabilisés par la manière dont l’Eglise est gérée et les traite. Certains veulent la quitter. Or les lecteurs de ce journal sont loin d’être des critiques systématiques de l’Eglise.

Plutôt que des « discours de curés », les catholiques attendent de leurs paroisses des informations et des explications, mais aussi des débats et échanges. Or je n’ai rien entendu sur ce drame dans ma grande paroisse parisienne. Que les exhortations habituelles, déjà mille fois rabâchées.

Déjà, en 1965, je n’avais pas entendu d’homélies expliquant les grandes réorientations de Vatican II. Pareillement, au début de ce millénaire, aucune explication approfondie et encore moins de débats sur « la déclaration commune sur la justification par la foi », successivement avec les Luthériens en 1999, les Méthodistes en 2006, et la Communion mondiale des Eglises réformées en 2017 ! Ce sujet nous a pourtant valu un siècle de meurtres au nom de Dieu !

Autour de moi, beaucoup s’interrogent : les curés et prêtres sont-ils totalement ignorants ? Ignorent-ils que les homélies sont le seul lieu de formation de la majorité des catholiques ? Ou veulent-ils les maintenir dans une docile ignorance ? Rebâtir la confiance clercs-laïcs est une urgence !

Ce n’est pas le rôle des homélies ? Écoutons le pape François : « le prédicateur doit aussi se mettre à l’écoute du peuple, pour découvrir ce que les fidèles ont besoin de s’entendre dire… On n’a jamais besoin de répondre à des questions que personne ne se pose… » (Evangelii Gaudium, 154-5)

   *      *      *      *     *      *

22 octobre 2019

Anniversaire : Homélies et Prise de Paroles a un an !

Plus de mille exemplaires partis en 11 mois ! Essentiellement grâce au-bouche-à-oreille. Merci à tous ceux qui y ont contribué. Nous espérons avoir aidé des prêtres ayant du mal à bien transmettre ce qu’ils ont dans leur cœur, mais aussi des laïcs ayant à faire des exposés de foi.

Que Dieu pardonne à ceux qui, malgré l’imprimatur et la préface de Mgr Michel Aupetit, lui ont fait une contre-publicité parce que ce guide fut écrit par un laïc.

Les homélies sont un des moyens de former les laïcs en vue de fortifier leur conviction face aux trahisons de certains clercs et aux attaques multiples contre la foi et le Pape. Les difficultés à transmettre leur foi et plus simplement à répondre de façon attractive aux questions de leurs amis ou de leurs jeunes qu’éprouvent de très nombreux catholiques est un lieu commun. Comment espérer qu’ils puissent démonter des attaques contre le Christ, la foi et l’Eglise ? Cela est dû à deux manques : l’ignorance des fondements intellectuels qui différencient notre foi des autres doctrines et le fait de ne pas avoir été formés et entraînés à la discussion respectueuse avec nos prochains. J’en ai constaté les méfaits aussi bien dans mon expérience personnelle qu’en relisant l’histoire des effondrements successifs de la foi.

Mais au-delà, comment ne pas s’inquiéter de la solidité de la foi de ces ignorants ? Celle d’un de mes amis a vacillé après qu’il ait lu Prieur et Mordillat sur le Christ et l’Eglise [1]. A ses questions, les prêtres de son entourage firent des réponses évasives et l’un d’eux lui conseilla de prier alors que ce n’était pas son âme qui avait faim, mais sa raison. Sa paroisse, comme bien d’autres, ne proposait que des soirées de prière, des pèlerinages et des actions caritatives. D’autres amis se sont éloignés de l’Eglise après avoir lu des romans/interprétations historiques bien médiatisés sur Jésus ou Saint-Paul. Certains ont été ébranlés par un contact superficiel avec d’autres religions. Soudain, les cérémonies de leurs paroisses leur semblèrent bien ternes, comparées aux grandes prières collectives du vendredi dans la rue autour d’une mosquée voisine ou de la ferveur des foules indiennes aperçues lors de voyages touristiques ; et les pèlerinages catholiques leur semblèrent bien moins attractifs que ceux du Hadj ou du Kumbh Mela [2].

Ce n’est pas seulement de prière que ceux-là ont faim mais aussi d’explications, de formation, d’approfondissement de la foi. Certains parisiens m’ont dit leurs recherches désespérées. Rien dans la bibliothèque paroissiale ; les prêtres peu accessibles, faute de possibilité de rendez-vous programmés ; n’importe quoi sur internet… L’un d’eux fut tenté d’aller aux séances d’étude du samedi après-midi de la synagogue voisine, mais était-ce judicieux pour Jésus-Christ ? Les Loubavitchs quadrillent les villes de façon à ce que chacun puisse trouver une salle d’étude et de prière à moins de 15 minutes de son lieu d’habitation ou de travail. Les synagogues ont des séances d’étude le samedi après-midi après le culte. Pourquoi n’organisons-nous pas l’identique le samedi matin dans nos paroisses ? Nul doute que si un prêtre ou un « sachant » était à disposition, la salle d’étude serait fréquentée par les quêteurs de Dieu, ne serait-ce que par les chômeurs et les retraités. J’ai personnellement constaté combien il est bien difficile de trouver un interlocuteur apte à répondre lorsqu’on se pose une question précise.

Si on suit le fil de cet objectif, mieux former intellectuellement les catholiques, on arrive à de multiples actions : revoir l’organisation et l’évaluation du catéchisme, repenser le choix et la présence d’acteurs disponibles pour des écoutes formatrices, inclure dans les objectifs des homélies l’importance et les moyens d’auto-formation, vérifier qu’elles sont audibles et bien comprises, faire de la publicité pour les moyens existants appropriés, créer des salles d’étude à des moments choisis dans toutes les paroisses avec une présence accompagnante, créer une cellule de crise pour diffuser un argumentaire lorsque parait un livre déstabilisant.. Bref cela conduirait à établir une stratégie d’évangélisation pour catholiques que ne peuvent remplacer les soirées de prière et les pèlerinages, aussi importantes soient-elles.

Définir dans chaque paroisse, avec la collaboration de tous ceux qui se sentent concernés, une stratégie d’évangélisation, serait-ce une perte de temps dans le contexte actuel ou une urgence ? Quoi pour aider les fidèles à approfondir leur foi ? Quoi pour les incroyants du voisinage ? Quoi pour ramener les déçus par l’Eglise ? Quoi pour nos frères adeptes d’autres religions ?

[1] Jérôme Prieur et Gérard Mordillat sont deux journalistes qui ont créé une série télévisé intitulée Corpus Christi et publié plusieurs livres sous le même thème, notamment Jésus après Jésus qui s’inspire de la célèbre phrase de Loisy : Jésus annonçait le Royaume, et c’est l’Église qui est venue.

[2] Le Hadj réunit chaque année plusieurs millions de musulmans et le second réunit en Inde tous les douze ans vingt millions d’hindous, comme j’ai pu le voir en 2007.

*      *      *      *      *      *

16 avril 2019

Message de Monseigneur Aupetit, archevêque, aux parisiens

« Consolez, consolez mon peuple, dit votre Dieu » Ces paroles du prophète Isaïe raisonnent fortement en cette Semaine Sainte où nous accompagnons la Passion et la mort de notre Seigneur Jésus-Christ en préparant nos cœurs à la joie de sa Résurrection.

Notre-Dame, notre chère cathédrale, témoin de tant d’événements majeurs de notre pays, a été détruite par un incendie effrayant après avoir résisté si longtemps aux péripéties de son histoire. La France pleure et avec elle tous ses amis du monde entier. Elle est touchée au cœur car ses pierres sont le témoignage d’une espérance invincible qui, par le talent, le courage, le génie et la foi des bâtisseurs, a élevé cette dentelle lumineuse de pierres, de bois et de verre. Cette foi demeure la nôtre. C’est elle qui déplace les montagnes et nous permettra de rebâtir ce chef-d’œuvre. (…)

Profitons de cette émotion si grande pour vivre intensément cette semaine tellement décisive pour les chrétiens. Retrouvons ce don du Père qui nous a été fait à notre baptême pour que nous devenions ses enfants. Dieu reste fidèle et attendra toujours que nous revenions vers lui en nous tendant les bras. (…)  Ce sera l’occasion pour nous tous de manifester notre unité, notre ferveur et notre confiance en l’avenir.

Nous sentons bien que nous n’aurons pas seulement à rebâtir notre cathédrale mais à reconstruire aussi notre Église dont le visage est si blessé.  (…)

*      *     *     *     *     * 

15 avril 2019, lundi saint

Notre-Dame de Paris, ravagée par les flammes 

Si l’embrasement de Notre Dame de Paris nous amène…

  • à redécouvrir nos racines chrétiennesbtr

sans oublier l’accueil des autres,

  • à retrouver le dynamisme des bâtisseurs

dans un esprit d’humble service,

  • à mieux protéger nos chefs d’œuvre

et le plus beau, « notre maison commune»,

  • à nous pencher sur tout homme en souffrance,

autant que sur nos maisons de prière,

  • à remercier Dieu pour tous ses dons

y compris les épreuves qui purifient…

  • à nous interroger sur la manière dont nous l’annonçons

sans nous accrocher au « on a toujours fait comme ça »   (Evangelii Gaudium 33)

Alors… MERCI mon Dieu !

*      *      *      *      *      *

6 mars 2019

De l’urgence de restaurer la confiance entre laïcs et prêtres 

          Stupeur et horreur !

        Les fidèles catholiques découvrent la trahison d’un petit nombre de prêtres. Après les agressions pédophiles et les victimes déconstruites, puis les relations homosexuelles entre clercs, voici les religieuses abusées qui une fois enceintes reçoivent l’ordre d’avorter et sont jetées à la rue. On attendait l’exemplarité : on découvre la débauche, la manipulation, l’hypocrisie. On espérait des cas isolés : on découvre parfois un système organisé. Nous avions confiance en nos Évêques : nous découvrons la protection de la caste cléricale, l’omerta et l’incapacité de certains à accompagner leurs prêtres, à les guider et à les contrôler.

        Les conséquences pour tous les prêtres sont gravissimes : la méfiance des parents risque de miner catéchismes, patronages, colonies de vacances. La suspicion entraîne la démoralisation, surtout de ceux qui sont isolés dans les campagnes. L’attractivité de la prêtrise ne peut qu’en souffrir à une époque où la France connaît moins de 100 ordinations par an.

     Le peuple de Dieu est abasourdi comme aux pires temps de l’Histoire de l’Église.  On entend de plus en plus « Dieu, Oui ; l’Église, Non ». À une époque où en France, 98 % des catholiques ne veulent plus aller à la messe, où moins d’un enfant sur trois est baptisé et où l’Église est attaquée de toutes parts, fallait-il en plus la trahison de ces clercs ? A toutes les époques, la méfiance vis-à-vis du clergé s’est toujours accompagnée d’une déchristianisation, d’abord des élites pensantes puis des « moutons ».

        Prions pour les victimes. Prions pour les prêtres indignes. Prions surtout pour les prêtres merveilleux et sachons les entourer, leur témoigner notre confiance et leur offrir notre collaboration. Prions pour les évêques afin qu’ils changent les méthodes de gouvernance obsolètes. Prions pour le Saint-Père accablé par ces révélations et l’inertie de son entourage. Prions enfin pour que nous, laïcs, nous nous réveillions et cessions de nous comporter en moutons passifs.

         Prions et agissons. Retrouvons l’unité et le dynamisme de l’Église primitive.

Pour écouter l’émission de Radio Notre Dame du 5 mars 2019, cliquez ci-dessous…

*      *      *      *      *      *

%d blogueurs aiment cette page :
search previous next tag category expand menu location phone mail time cart zoom edit close